Les
schémas gérontologiques (1ère partie)
1.
Les définitions des politiques gérontologiques
- Les
niveaux décisionnels
- Rôle
de l’Etat
- Rôle
du Conseil Général
- Rôle
des autres niveaux de décentralisation
2.
Le schéma gérontologique
- Une
longue pratique pour certains
- Un
côté réglementaire
- Une
insertion dans un texte fondamental la 2002-2
- Une
action conjointe.
3.
Contenu obligatoire d’un schéma
- Bilan
du précédent schéma
- Statistiques
démographiques
- Statistique
des équipements
- Statistiques
maintien à domicile
- Les
SSIAD
- Les
ratios
- Les
objectifs d’équipement
- La
carte des coordinations et réseaux, les CLIC
4.
Les orientations
- Objectifs
de la politique gérontologique départementale
- Les
actions spécifiques
- Les
secteurs soutenus
5.
Les documents
6.
Les suites éventuelles
1. Les
définitions des politiques gérontologiques
Les
niveaux décisionnels La
France découvre progressivement son
vieillissement. Le poids de plus en plus important de ses personnes âgées
voire très âgées pèse grandement sur
les décisions importantes tels l’avenir des retraites ou
encore le poids de mesures telles l’APA.
Dans le cadre
des politiques gérontologiques, il est important
de déterminer le rôle respectif de chacun des acteurs
selon son niveau de décision : Etat, région, département
et commune. Rôle
de l’Etat
L’Etat
intervient d’abord dans le cadre réglementaire : ainsi les grandes
lois sont-elles appliquées avec diligence ou retard en
fonction de la parution des décrets d’application (actuellement
la batterie des décrets concernant la loi 2002-2 est fortement
attendue).
Il intervient surtout par ses décisions concernant les enveloppes
de soins dont les dispensateurs sont les DRASS (au niveau régional)
et par délégation les DASS (au niveau des départements).
Il est représenté dans les diverses instances ou
commissions qui autorisent les créations d’établissements.
Enfin, les DDASS sont partie prenante, au titre de l’Etat, dans
la réalisation des schémas gérontologiques
départementaux.
Rôle
du Conseil Général
C’est
le noyau central de la politique gérontologique.
Depuis les lois de décentralisation de 1981, ce rôle
ne fait que se renforcer et devrait encore s’accentuer après
parution des futurs décrets relatifs au maintien à domicile.
Le conseil général qui instruit et finance l’APA,
tarifie les établissements d’accueil, va dans un avenir
proche tarifer les structures intervenant à domicile dans
un rôle de prestataire.
Rôle
des autres niveaux de décentralisation
Au
niveau de la Région, les élus
n’ont à ce jour aucune véritable responsabilité décisionnelle.
La loi 2002-2 ne mentionne nulle part les élus régionaux
et le schéma régional qui n’est que la compilation
des schémas départementaux est arrêté par
le représentant régional de l’Etat pour être
agrégé au schéma national. La région
peut toutefois user de prérogatives en ce domaine.
La commune
n’est pas directement partie prenante dans les schémas.
Cependant, de nombreux maires sont aussi conseiller généraux,
et les établissements publics gérés par les
CCAS ou sous forme de maisons de retraites publiques autonomes
sont administrés sous l’autorité d’un élu
municipal, souvent le maire. En plus la commune mène toujours
une « politique » envers les personnes âgées.
(Aide à domicile, portage de repas, organisation de repas,
distribution de colis, organisation d’universités du 3e âge...) 2.
Le schéma gérontologique
Dès
les lois de décentralisation en 1981 et 1982 certains départements
ont mis en place un premier schéma ainsi certains en sont déjà à leur
cinquième. Ces schémas réalisés par les services des conseils
généraux sont plus ou moins complets ou élaborés. Ils avaient
surtout pour but de bien définir les besoins et d’apporter des
réponses en termes d’autorisation de création d’établissements
et de lits médicalisés. Leur rôle était aussi de transformer
les réalisations anciennes en établissement plus modernes, ils
mettaient en évidence le terme de « réhumanisation ».
Leur
efficacité malgré une adoption par le conseil général et
une participation des services de l’Etat au niveau des DDASS était
limité par le fait que même retenus les « lits » médicalisés
devaient souvent attendre plusieurs années pour être financés.
Un
côté réglementaire
L’évolution a
consisté à formaliser et à généraliser cette démarche
qui est devenue une obligation ainsi à ce jour tous les départements
ont un schéma gérontologique en cours. Les départements ayant
réagi les derniers sont au moins à leur deuxième schéma d’une
durée de validité de 5 ans. Progressivement le cadre du schéma
et son contenu s’est enrichi jusqu’à trouver une définition
très précise dans la loi.
Une
insertion dans un texte fondamental la 2002-2
« Section
3 - Des schémas d'organisation sociale et médico-sociale
Article
18
L'article
L. 312-4 du code de l'action sociale et des familles est
ainsi rédigé :
" Art.
L. 312-4. - Les schémas d'organisation sociale et médico-sociale, établis
pour une période maximum de cinq ans en cohérence avec
les schémas mentionnés aux articles L. 6121-1 et L. 6121-3
du code de la santé publique et avec les dispositifs de
coordination prévus au chapitre V du titre IV du livre
Ier :
"1° Apprécient
la nature, le niveau et l'évolution des besoins sociaux
et médico-sociaux de la population ;
" 2° Dressent
le bilan quantitatif et qualitatif de l'offre sociale et
médico-sociale existante ;
" 3° Déterminent
les perspectives et les objectifs de développement de l'offre
sociale et médico-sociale et, notamment, ceux nécessitant
des interventions sous forme de création, transformation
ou suppression d'établissements et services et, le cas échéant,
d'accueils familiaux relevant du titre IV du livre IV ;
" 4° Précisent
le cadre de la coopération et de la coordination entre
les établissements et services mentionnés à l'article L.
312-1, à l'exception des structures expérimentales prévues
au 12° du I de cet article, ainsi qu'avec les établissements
de santé définis aux articles L. 6111-1 et L. 6111-2 du
code de la santé publique ou tout autre organisme public
ou privé, afin de satisfaire tout ou partie des besoins
mentionnés au 1° ;
" 5° Définissent
les critères d'évaluation des actions mises en oeuvre dans
le cadre de ces schémas.
" Un
document annexé aux schémas définis au présent article
peut préciser, pour leur période de validité, la programmation
pluriannuelle des établissements et services sociaux et
médico-sociaux qu'il serait nécessaire de créer, de transformer
ou de supprimer afin de satisfaire les perspectives et
objectifs définis au 3°.
" Les
schémas peuvent être révisés à tout moment à la demande
de l'une des autorités compétentes. "
Article
19
L'article
L. 312-5 du code de l'action sociale et des familles est
ainsi rédigé :
" Art.
L. 312-5. - Les schémas d'organisation sociale et médico-sociale
sont élaborés :
" 1° Au
niveau national lorsqu'ils concernent des établissements
ou services accueillant des catégories de personnes, dont
la liste est fixée par décret, pour lesquelles les besoins
ne peuvent être appréciés qu'à ce niveau ;
" 2° Au
niveau départemental, lorsqu'ils portent sur les établissements
et services mentionnés aux 1° à 4°, a du 5° et 6° à 11° du
I de l'article L. 312-1, autres que ceux devant figurer
dans les schémas nationaux.
" Les
schémas élaborés au niveau national sont arrêtés par le
ministre chargé des affaires sociales, après avis du Comité national
de l'organisation sanitaire et sociale.
" Les
schémas départementaux sont arrêtés après avis du comité régional
de l'organisation sanitaire et sociale et d'une commission
départementale consultative comprenant notamment des représentants
des collectivités territoriales, des professions sanitaires
et sociales, des institutions sociales et médico-sociales
et des personnes accueillies par ces institutions ou susceptibles
de l'être. Un décret fixe la composition et les modalités
de fonctionnement de cette commission.
" Le
schéma départemental est arrêté conjointement par le représentant
de l'Etat dans le département et par le président du conseil
général. A défaut d'accord entre le représentant de l'Etat
dans le département et le président du conseil général,
les éléments du schéma départemental sont arrêtés :
" a)
Par le représentant de l'Etat dans le département pour
les établissements et services mentionnés aux 2°, 4°, a
du 5°, 8° et 10° du I de l'article L. 312-1 ainsi que pour
ceux mentionnés à l'article L. 162-24-1 du code de la sécurité sociale
pour les prestations prises en charge par l'assurance maladie
;
" b)
Par le président du conseil général, après délibération
de celui-ci, pour les établissements et services mentionnés
au 1° du I de l'article L. 312-1 ainsi que pour ceux mentionnés
aux 3°, 6° et 7° du I du même article pour les prestations
prises en charge par l'aide sociale départementale.
" Si
les éléments du schéma n'ont pas été arrêtés dans les conditions
définies ci-dessus soit dans un délai de deux ans après
la publication de la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant
l'action sociale et médico-sociale, soit dans un délai
d'un an après la date d'expiration du schéma précédent,
le représentant de l'Etat dans le département dispose de
trois mois pour arrêter ledit schéma. »
Une
action conjointe
Il
faut remarquer que depuis la date d’application de cette loi
le côté conjoint de l’Etat et du Conseil général est une obligation.
L’organisation pratique revient surtout aux Conseils généraux.
Une expérience plus longue permettra de voir le niveau concret
de l’investissement de l’Etat dans cette démarche.
3.
Contenu obligatoire d’un schéma
Bilan
du précédent schéma
Un
schéma est toujours précédé d’une analyse des résultats et
de la mise en œuvre de l’édition précédente. Ce travail est
souvent facilité par une action du conseil général qui à procédé à une évaluation
en cours de déroulement du précédent.
Statistiques
démographiques
Les
aspects démographiques sont très importants ils sont reportés
selon les départements avec plus ou moins de détails et de
reculs. Dans certains cas il prennent un recul important et
sont très détaillés. Le niveau du canton est toujours retenu,
parfois la commune et des regroupements en termes de pays ou
agglomération peuvent exister.
Au
niveau des tranches de populations retenues les plus courantes
sont :
- Les
plus de 60 ou 65 ans
- Les
plus de 75 ans
- Les
plus de 85 ans.
Les
plus de 100 ans sont retenus à titre d’évolution d’une période
sur l’autre.
Les
plus de 75 ans servent de référence pour définir beaucoup de
taux. Ainsi on parle de X lits d’équipement pour 1000 personnes
de plus de 75 ans.
Chaque
fois que cela est possible des projections sur les 5, 10,
15, 20 et 50 ans sont présentées. Les plus classiques sont
les projections OMPHALE de INSEE. Depuis le recensement de
1999 aucune projection OMPHALE n’est sortie sauf commande spécifique.
Statistiques
des équipements
Ces
statistiques comportent :
- Le
recueil de toutes les autorisations accordées,
- Le
nombre de lits réalisés et en cours.
- La
nature des établissements.
- Leur
localisation.
- Leur
statut juridique
- Leur
habilitation ou non à l’aide sociale.
- En
cas d’habilitation à l’aide sociale, le taux d’habilitation.
- Les
lits permanents.
- Les
lits temporaires .
- Les
accueils de jour.
Statistiques
maintien à domicile
Ces
statistiques comprennent :
- Les
structures agréées qualité en tant que prestataires et mandataires.
- Les
zones d’agrément.
Les
statistiques sur les SSIAD (Services de Soins Infirmiers A
Domicile)
Qui
indiquent :
- Leur
nombre.
- Leur
localisation.
- La
structure qui en bénéficie
- Leur
degré de mise en œuvre (autorisé ou déjà réalisé et financé)
Les
ratios
Il
s’agit de déterminer pour 1.000 personnes de plus de 75 ans
les ratios :
- De
lits de maisons de retraite
- De
foyers logements.
- Depuis
les dernières dispositions d’EHPAD
- De
lits de SSIAD.
- De
lits temporaires.
- De
lits ou places d’accueil de jours.
- De
nombre de lits habilités à l’aide sociale.
Ces
ratios sont établis pour les cantons en général, ils sont comparés
aux résultats globaux du département et très souvent de la
Région et de la France.
Les
objectifs d’équipement
Il
s’agit de la partie traditionnellement la plus importante
pour les candidats à la réalisation ou à l’extension d’établissement.
( Dans
la seconde partie de cet article publiée la semaine prochaine
ce point sera particulièrement développé).
La
carte des coordinations et réseaux, les CLICs
Les
schémas doivent comporter une carte des maillages du département
faisant apparaître les réseaux et les coordinations gérontologiques
existants. Une place spécifique est réservée aux CLICs existants,
en cours de mise en place et les futurs prévus.
4.
Les orientations
Objectifs
de la politique gérontologique départementale
Il
s’agit de rassembler les options débattues tout au long
des travaux de réalisation du schéma souvent de manière partenariales.
Le schéma est souvent réalisé à partir d’une ou de plusieurs
orientations de bases comme : « la volonté d’apporter
des réponses qualitatives et rapides aux personnes dépendantes
sur l’ensemble du département »
Dans
les orientations se retrouvent les objectifs d’équipements
et de mise en œuvre de la politique de maintien à domicile.
Les
actions spécifiques
Les
schémas gérontologiques se distinguent d’un département à l’autre
par l’importance des actions spécifiques retenues. A ce titre
on trouvent des propositions très diverses qui peuvent être :
- Favoriser
l’autonomie.
- Créer
des ateliers mémoires.
- Organiser
des échanges inter-établissements.
- Créer
des ateliers d’écriture de souvenirs.
- Organiser
une sensibilisation à internet.
- Mettre
en place des structures intergénérationnelles.
Les
secteurs soutenus
Les
schémas contiennent parfois des éléments de soutien tels qu’une
subvention versée pour chaque lit créé en secteur public
habilité à l’aide sociale.
Des
propositions de conventions ou protocoles pour favoriser la
professionnalisation des intervenants dans le cadre du maintien à domicile
sont parfois proposées.
5.
Les documents
Le
schéma gérontologique est avant tout un atelier de réflexion
pendant plusieurs mois (La suite de cet
article s’attachera à présenter les moyens de réaliser un schéma
de qualité incluant une approche partenariale ainsi que le
rôle d’un intervenant extérieur). Il est surtout
ensuite un ensemble de documents ses derniers sont plus ou
moins qualitatifs. On peut considérer qu’un schéma est servi
par de bons documents quand ces derniers comportent :
- Un
document de base mettant en évidence les orientations retenues,
l’ensemble des travaux partenariaux et une image fidèle des
réalisations précédentes. L’originalité des propositions
novatrices devant être souligné.
- Un
document de type recueil de statistiques au niveau du canton
et mieux de la commune avec un maximum d’indications.
- Un
recueil cartographique avec des cartes d’ensemble du département
et une carte ou plusieurs pour détailler au niveau canton
avec les subdivisions formées par les communes.
6.
Les suites éventuelles
Un
schéma couvre 5 années il est recommandé de fixer des étapes
et de prévoir des suites …..
(le
prochain article s’attachera à développer ce point)
|