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Hébergement Temporaire

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HEBERGEMENTS TEMPORAIRES ET ACCUEILS DE JOUR

Analyse de la situation des personnes âgées en France

Les limites du maintien à domicile

La lourde décision du placement en établissement

L’obligation d’offrir aux conjoints ou aux familles des instants de pause

Définition de l’hébergement temporaire

Les obstacles au succès de l’hébergement temporaire

Les moyens de faire perdurer l’hébergement temporaire

Les besoins en accueil de jour

Accueil de jours plusieurs approches

Comment assurer le succès de l’accueil de jour

La spécificité des accueils Alzheimer ou maladies apparentées. (Accueil temporaire et accueil de jour)

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Analyse de la situation des personnes âgées en France

La population âgée en France ne peut se résumer aux personnes dépendantes ou très âgées qui demandent des réponses en terme d’hébergement et de soins. Il existe un grand nombre de seniors qui sont surtout identifiés comme des consommateurs de loisirs et des animateurs du monde associatifs. Entre ces deux affirmations la place d’une situation plus nuancée existe pour des personnes qui sans relever d’un hébergement dans une structure type EHPAD, sont souvent en difficulté  à leur domicile en l’absence du conjoint ou d’un aidant. Ces difficultés peuvent venir de « maladies » passagères type grippe ou de difficultés plus récurrentes telles que le côté invalidant de l’arthrite ou de rhumatismes. Parfois il s’agit de maladies pouvant surgir prématurément, lourdes de conséquences telles que la maladie d’alzheimer.

Dans tous les cas la personne seule ne peut être maintenue à domicile pendant certaines périodes. La personne en couple ou en famille devient une charge très lourde et tend involontairement à rendre insupportable la vie des aidants

Des solutions provisoires ou ponctuelles sont alors les bienvenues il s’agit de l’accueil temporaire et de l’accueil de jour.

Les limites du maintien à domicile

Il ne faut en aucun cas prendre une position doctrinaire et radicale du style pour ou contre le maintien à domicile. Majoritairement les personnes âgées souhaitent rester dans leur habitat surtout si ce dernier est le siège de souvenirs familiaux. Il faut être conscient que la mobilité actuelle rendra cette situation de moins en moins courante dans le futur.

Le grand ennemi du maintien à domicile est l’isolement soit géographique soit au niveau de présence à ses côtés.

Le maintien à domicile n’obéit pas une règle stricte pour définir son succès ou son échec toutefois quelques points sont fondamentaux :

  • Ne pas avoir une maladie dont le diagnostic très péjoratif impose des soins très lourds de manière de plus en plus affirmée.
  • Disposer d’un lieu d’habitation de qualité et adapté au type des éventuels handicaps.
  • Etre dans un environnement amical, social et si possible familial réactif.
  • Pouvoir en cas de besoins disposer de services adaptés et disponibles à la demande.

La lourde décision du placement en établissement

Autant on accepte le séjour en établissement de santé type hôpital ou clinique pour une intervention, dont on suppose le côté bénéfique, autant l’entrée en établissement est vécu comme un drame pour beaucoup de personnes. Des raisons objectives peuvent être énumérées :

  • Le départ de son cadre habituel.
  • La perte de repères.
  • L’impression du « dernier déménagement ».
  • L’obligation de se séparer  de son ou ses animaux.
  • La crainte de se couper de tous les contacts extérieurs.
  • L’obligation de vivre en « collectivité ».
  • L’impression d’être devenu inutile et d’être assisté.
  • Le sentiment d’être la cause de la culpabilisation des enfants ou du conjoint.

D’autres craintes sont moins fondées telles que :

  • La peur de la maltraitance.
  • L’image dramatique souvent véhiculée de mouroir.
  • La méconnaissance d’un secteur où la qualité s’est fortement développée ces dernières années.

De fait il s’agit d’une lourde décision qui devrait faire l’objet d’une réelle préparation et d’une vraie démarche au sein de la famille avec la personne âgée pleinement impliquée chaque fois que cela est possible. La réalité est souvent tout autre et le mensonge, la non information jusqu’au dernier moment sont cause de beaucoup de traumatismes. Cela conforte cette impression d’abandon et de fin prématurée de son rôle d’acteur de sa vie.

L’obligation d’offrir aux conjoints ou aux familles des instants de pause

S’occuper à domicile ou dans son domicile, de son parent ou de son conjoint est un engagement lourd souvent sans répit. Beaucoup de renoncements se cumulent jusqu’à rendre la vie très difficile. Dans certains cas il devient impossible de réaliser les taches quotidiennes, alors que dire des taches exceptionnelles les loisirs n’étant même pas envisageables. Cette situation est source de beaucoup de frustration et n’abnégation, dans les cas les plus aigus on va jusqu’à l’épuisement. Ainsi parfois les conjoints plus jeunes, sans atteinte de maladies décèdent les premiers.

Offrir aux aidants les moyens de pouvoir « souffler » de pouvoir continuer à avoir une vie sociale est fondamental. Sans être une panacée, l’hébergement temporaire et l’accueil de jour associés aux services d’aide à domicile de qualité sont une réponse.

La situation des familles ou conjoint assurant une présence à côté d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est encore plus difficile. Ce point est traité spécifiquement dans le présent document et trouve un début de réponse réglementaire dans la circulaire DHOS/O2/DGS/SD5D/DGAS/SD2C/DSS/1A/n° 2002/222 du 16/04/2002

Définition de l’hébergement temporaire

La circulaire 2002/222 précitée donne cette définition : « L’hébergement temporaire est une formule d’accueil limitée dans le temps. Il s’adresse aux personnes âgées dont le maintien à domicile est momentanément compromis du fait d’une situation de crise isolement, absence des aidants, départ en vacances, travaux dans le logement etc…Il peut également s’utiliser comme premier essai de vie en collectivité avant l’entrée définitive en établissement ou servir de transition avant le retour à domicile après une hospitalisation, mais ne doit pas se substituer à une prise en charge de soins de suite ».

Les obstacles au succès de l’hébergement temporaire

L’hébergement temporaire est considéré par tous comme une bonne chose et pourtant on rencontre d’importantes difficultés pour trouver une place au moment où naît un besoin. Cette situation est due au fait du petit nombre de lits réservés à cet objet d’une part et d’autre part au glissement progressif dans les établissements du statut de « temporaire » à celui de lit « classique ». Les obstacles évoqués par rapport à ce maintien sont d’ordre économiques en priorité. Cet aspect est souvent masqué par l’affirmation  que la personne entrée, sous un régime d’hébergement temporaire, est restée dans l’établissement alors qu’aucun lit d’hébergement normal n’était disponible et que cette situation se prolonge.

Les moyens de faire perdurer l’hébergement temporaire

L’hébergement temporaire est une demande qui doit être prise en compte. Une réponse favorable entre dans les aspects de qualité d’un établissement. Lors d’une création ou d’une transformation quelques lits sont exigés.

La situation se simplifie dans de nombreux départements de la manière suivante :

  • En termes de capacité d’accueil les lits temporaires sont autorisés officiellement mais leur spécificité mise en évidence. Lors de transformation avec demande d’augmentation de capacité il est possible de négocier qu’ils soient attribués au-delà de la capacité acceptée préalablement pour l’hébergement. Toutefois la qualité de l’hébergement doit être identique, en particulier au niveau des tailles et de l’équipement des chambres.
  • En termes de gestion, un principe simple est souvent retenu, l’exclusion dans la phase budgétaire des  recettes des lits temporaires et des charges variables qui lui sont liées. En cours d’exercice une gestion autonome de ces lits est assurée, le résultat qui à priori ne peut être que positif est affecté en atténuation des charges pour le futur exercice comptable.

Ces deux manières de répondre à une réelle fragilité du système doivent être complémentaires d’une réelle volonté de bien gérer ces lits dans une volonté de maintien de leur statut. Ce qui suppose de ne pas les « attribuer » pour une entrée définitive et d’accepter de gérer une petite partie de sa capacité d’accueil différemment. Sans être l’hôtel l’accueil temporaire doit être souple  et aller de quelques jours à quelques semaines.

Certains schémas gérontologiques (celui du département du Var par exemple) ont inscrit ce type d’organisation dans leurs orientations.

Les besoins en accueil de jour

Les besoins sont très nombreux, ils sont géographiquement ressentis sur tout le territoire. Par contre ils recouvrent des besoins et des approches très variées. Comme pour l’hébergement temporaire, l’accueil de jour est spécifique lorsqu’il s’agit globalement de personnes ayant des problèmes de type psychique et plus particulièrement les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Accueil de jour : plusieurs approches

Sous le terme accueil de jour plusieurs réponses se cachent on peut les mettre en évidence sous formes de contraintes graduelles :

  1. L’accueil simple voire quasi-informel. Certains établissements accueillent depuis longtemps des personnes extérieures à l’établissement pour le repas du midi, ces personnes prolonge leur « visite » en participant aux diverses et éventuelles activités ludiques. Dans certains cas c’est encore (cela était beaucoup plus vrai il y a quelques années) l’occasion de profiter des équipements type douche dont les personnes sont démunies dans leur habitat personnel. 
  2. L’accueil de jour classique qui consiste à recevoir des personnes valides ou semi-valides qui participent aux activités d’animation de l’établissement. La qualité de cette animation est un facteur fondamental dans le succès de cet accueil.
  3. L’accueil de jour avec prise en charge spécifique des pathologies des personnes accueillies, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou apparentées entre dans ce cas. Cet accueil implique des moyens spécifiques et imposent des réponses pertinentes (développées dans le chapitre spécificités accueil temporaire et de jour pour alzheimer).
  4. Sous le titre accueil de jour on évoque de fait parfois l’hospitalisation de jour dans certains hôpitaux qui ont aménagé des lieux spécifiques, ces réponses qualitatives et coûteuses dépassent le cadre strict de l’accueil de jour. Par contre le public accueilli est semblable à celui évoqué dans le point 3 ci-dessus.

Comment assurer le succès de l’accueil de jour

L’accueil de jour ne doit pas être traité comme un simple complément de l’activité il est nécessaire de :

  • Bien définir le type d’accueil que l’on souhaite réaliser.
  • S’assurer qu’il correspond bien à un besoin local.
  • Disposer des locaux nécessaires et de leur réelle adaptation.
  • Posséder le personnel qualifié nécessaire.
  • S’assurer de la disponibilité du dit personnel
  • Bien connaître le coût de telles actions.
  • De s’assurer du financement de ce coût.

Pour réussir cet objectif il est souhaitable de s’inscrire dans une démarche partenariale et de s’appuyer sur les outils préexistants tels que coordination locale ou CLIC (voir article sur…).Et sur les associations traitant de pathologies spécifiques si ces dernières sont un éléments de l’animation d’accueil de jour.

Au niveau des moyens à mettre en œuvre il faut déterminer une partie à la charge des « accueillis de jour » et une partie sur les budgets prévus par la circulaire 2002-222 et pour cela être attentif aux sorties de décrets. Les financements sur la dépendance peuvent être mobilisés.

D’autres pistes peuvent être exploitées dans certains départements il existe en matière d’animation thérapeutiques des accords avec les établissements psychiatrique en matière de mission de service public.

Il faut aussi s’inscrire dans la continuité et faire pour cela un vrai « projet », pour s’assurer de ce succès les liaisons domicile établissement sont un vrai problème. Certaines communes ont de vrai service de « ramassage » identiques au ramassage scolaire, des cofinancements sont nécessaires et possibles.

L’accueil de jour est un complément du maintien à domicile et des initiatives doivent pouvoir être valorisé à partir des fonds d’Etat distribués par les DRASS ou les DASS.

La spécificité des accueils Alzheimer ou maladies apparentées. (Accueil temporaire et accueil de jour)

Il s’agit d’apporter des réponses aux problèmes soulevés par des maladies qui touchent aujourd’hui plus de 500 000 personnes  et dont 110 000 nouveaux cas sont déclarés par an.

Ces réponses doivent répondre aux options suivantes :

  • Préserver la dignité des personnes.
  • Soutenir et aider les personnes malades et leur famille.
  • S’inscrire dans un hébergement dont les structures sont adaptées et de qualité.

Au niveau de l’hébergement temporaire il s’inscrit dans une alternative à l’hébergement permanent (sécurisé ou non) et dans une volonté de soulager les familles.

L’Etat s’engage à favoriser et à aider la création 750 places en moyenne par an.

Sous réserve que ces établissements respectent les règles suivantes :

Circulaire 2002- 222

  • Préserver l’autonomie des personnes atteintes de ces maladies.
  • Stimuler leurs fonctions cognitives au travers des activités de la vie quotidiennes.
  • Préserver ou rétablir des contacts sociaux pour la personne accueillie.
  • Repérer les modifications comportementales susceptibles d’être liées à une pathologie intercurrente et y apporter les réponses appropriées.
  • Permettre à l’aidant principal de « souffler »  un peu sur une période de quelques jours, en particulier lors d’un problème de santé le concernant.
  • Favoriser les échanges avec les autres résidents.
  • Eviter les risques de dérive vers un hébergement permanent mal préparé.

Le rôle des médecins coordonnateur et une relation avec les familles seront des éléments de succès de cet accueil et des moyens de respecter les recommandations réglementaires.

Pour l’accueil de jour il faut noter toute son importance et souligner que si deux tiers des malades ont plus de 80 ans ,un nombre important de nouveaux cas concerne des personnes beaucoup plus jeunes (60 ans) et surtout des hommes. Le soulagement des conjoints ou des familles est fondamental ainsi que la stimulation des personnes atteintes. L’accueil de jour par ses divers aspects spécifiques est un des éléments des traitements.

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